Ces PASOKistes qui infiltrent le gouvernement de gauche en Grèce

30 Ιαν.

Pasok est le parti social-démocrate grec fondé en 1974 par Andréas Papandréou, le fils d’un politique bourgeois, Georgios Papandréou le 1er, premier ministre sous protection de l’armée britannique lors de la Bataille d’Athènes qui a marqué le débout de la guerre civile en Grèce (1944). Vu que Pasok n’était pas le parti traditionnel de la classe ouvrière en Grèce, il n’a jamais été considéré comme « la gauche » dans le langage politique grec, mais comme le « centre-gauche ». Après d’avoir dominé la vie politique grecque pendant quarante ans, il n’a reçu que 4,7% aux élections du 25 janvier 2015 qui ont été remportées par Syriza sous la promesse d’abolir le programme de la Troïka appliqué depuis 2010. L’application du programme économique de la Troïka par le Pasok, d’abord seul et depuis novembre 2011 en coalition avec la Nouvelle démocratie, a signifié la mort politique de ce parti. Certains de ses cadres ont pourtant trouvé abri au sein de Syriza.

Le nouveau gouvernement grec de coalition entre Syriza et les « Grecs indépendants » est composé par treize ministres, vingt vice-ministres et six sous-secrétaires. On pourrait distinguer trois ou quatre catégories des personnes tout en clarifiant qu’il y a certains qui ne rendent pas exactement à une de ceux catégories.

1) Il y a un ministre (défense) et quatre autres vice-ministres et sous-secrétaires venant du parti de droite « Grecs indépendants ». 2) Puis, la majorité des postes est occupée par des gens appartenant ou proches de la fraction majoritaire de Syriza autour d’Alexis Tsipras. C’est-à-dire par des cadres pro-UE avec une ligne Keynésienne « de gauche ». Yannis Dragasakis vice-président du gouvernement en est le cadre le plus important. La plupart de ces cadres sont d’origine historique «Eurocommuniste » (2a), mais il y a aussi des gens qui ont un passé d’appartenance au Pasok ou d’avoir travaillé pendant des années pour ce parti (2b). Enfin, 3) il y a au moins sept postes occupés par la « Plateforme de Gauche » au sein de Syriza, une fraction interne qui prône la rupture avec l’Euro et l’UE dans le cas que les « partenaires européens » de la Grèce n’acceptent pas le programme du nouveau gouvernement.

Les ministères les plus importants, ceux des finances et des affaires étrangers sont occupés par des gens qui ont été des conseillers de Georges Papandréou le 2ème (fils d’Andréas). Nikos Kontzias, nouveau ministre d’affaires étrangères, conseillait Papandréou dans la période où ce dernier était ministre des affaires étrangères (1999-2004) au sein du gouvernement Simitis qui a négocié  l’entrée de la Grèce dans l’Euro. Depuis ce poste il parait qu’il avait un rôle important dans la préparation et la négociation des traités néolibéraux tel que l’Agenda de Lisbonne qui a établi la compétitivité comme premier objectif de l’UE et le Traité constitutionnel. Il a quitté ce poste – ainsi que la présidence du centre d’études « Andréas Papandréou » – quelques semaines après que Papandréou est devenue premier ministre en 2009.

Yannis Varoufakis, nouveau ministre des finances, a été conseilleur de Georges Papandréou entre 2004 et 2006 alors que celui-ci a été leader de l’opposition. Après 2010, il se déclare un « marxiste irrégulier ». Pourtant dans sa critique de la politique appliquée en Grèce par la Troïka, il n’a jamais mis en question les privatisations et le « besoin » de réduire le coût unitaire du travail. Il disait seulement que ces deux éléments ne sont pas suffisants pour faire décoller l’économie. Il est auteur avec James K. Galbraith de l’ouvrage « une proposition modérée pour résoudre la crise de l’Euro » qui suppose qu’avec une réforme minime la Zone Euro pourrait fonctionner. Il considère que la nationalisation de Repsol par le gouvernement argentin a été une erreur qui a « retiré la [nécessaire] confiance des investisseurs». Dans son discours inaugural en tant que ministre, il a fait l’éloge du « fonctionnement démocratique de l’Europe unie démocratique ». Le jour après les élections grecques parlant au BBC il a présenté l’objectif d’une réduction d’au moins 50% de la dette grecque – un des engagements-clefs du programme électoral de Syriza – comme une position qui sert seulement de point de départ pour la négociation.

Le poste névralgique de « secrétaire du gouvernement » c’est-à-dire de coordinateur technique du conseil ministériel a été donné à Spiros Sayas, ancien membre du Pasok qui a été – jusque là – aussi l’avocat de la société chinoise Cosco qui exploite une partie du port de Pirée dans une zone de non-droits sociales. Dans son site personnel il réclame avec fierté qu’il a élaboré lui-même le cadre juridique pour cette concession laquelle le nouveau gouvernement veut renégocier.

Christos Spirntzis a été élu pendant des années président de la Chambre des ingénieurs grecs avec les listes du Pasok. Il a quitté cette position pour devenir vice-ministre des Infrastructures, transports et réseaux au sein du gouvernement Syriza. Pendant les années de la Troika il a facilité la réduction des salaires des ingénieurs, l’augmentation de leurs contributions pour la sécurité sociale ainsi que le pillage de leur fonds de retraite par l’accord PSI qui a annulé la moitié de la dette grecque en 2012. Il fut aussi secrétaire organisationnel du Pasok pendant les années de Georges Papandréou. Il est connu pour entretenir des excellentes relations avec les oligarques du secteur de la construction.

Panayotis Kourouplis, nouveau ministre de Santé et de Sécurité sociale a voté le premier mémorandum en tant que député Pasok, puis il est devenu indépendant en 2011 pour enfin rejoindre Syriza dans les élections de 2012. Dans son bureau, il a toujours une affiche avec Andréas Papandréou.

Enfin, Yannis Panoussis, le nouveau ministre de l’ordre public et de protection de citoyen provient aussi historiquement du Pasok. De 2011 à 2012 il a soutenu le programme de la Troïka comme député du parti « Gauche démocratique » qui participait à la coalition gouvernementale. Après avoir assumé sa nouvelle position, il a fait des déclarations contradictoires avec les propos pré-électorales d’Alexis Tsipras concernant le désarmement de la police lors de manifestations.

Certains oligarques grecs (Mytilinaios, Yannakopoulos) ont fait des déclarations positives sur le nouveau gouvernement. Le leadership de l’UE s’avère pour le moment tolérant aux annonces gouvernementales qui parlent de déchirer le programme existant de la Troïka. Cela est une surprise pour certains – y compris votre serviteur – qui attendaient un ultimatum immédiat de la part de l’UE. Mais c’est sûr qu’elle ne va pas accepter l’abolition des «acquis » de cinq années de programmes d’ajustement sans interrompre ses prêts vers la Grèce. D’autres entreprises grecques sortent du capital des banques en essayant de provoquer un « bank run », des agences de notation comme Fitch menacent et Berlin insiste qu’il ne discute pas une renégociation de la dette.

«Ni rupture, ni soumission » a crié Aléxis Tsipras le soir de sa victoire historique. Les cadres sociaux-démocrates de son gouvernement qu’on présente dans cet article vont surement peser vers la deuxième option dans le cas que la question devient impossible à éviter malgré les slogans de Tsipras.

pasokers

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2 Σχόλια to “Ces PASOKistes qui infiltrent le gouvernement de gauche en Grèce”

  1. Saxy Ιανουαρίου 30, 2015 στις 5:13 μμ #

    Très instructif et bien documenté.

    Merci pour ces informations

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